Machinalia est une machine fantastique qui se transforme à mesure qu’elle traverse la Belgique, tout en intégrant, en chemin, des éléments visuels de légendes urbaines. Sous la forme d’un dragon, la machine fait arrêt à Louvain et à Bruges, où elle occupe temporairement les abris vitrés des quais de gare. Che Go Eun s’inspire, dans cette œuvre, du mythe d’Imugi, créature aquatique qui, pour devenir un véritable dragon, s’est entraînée pendant mille ans. Le train-dragon fait écho au romantisme de l’évocation des premières locomotives à vapeur sur le continent européen, souvent comparées à des animaux ou des phénomènes naturels puissants et rapides. À côté de la mythologie coréenne, l’artiste fait également référence à des récits du Moyen Âge tardif, ceux de Marguerite de Louvain et de Maertyne van Keyschote à Bruges, respectivement assassinée pour avoir résisté à un viol et torturée pour lesbianisme, chaque fois sous le couvert d’arguments religieux ou moraux.
Formée à la peinture traditionnelle coréenne, Che Go Eun (née en Corée du Sud en 1988) utilise principalement des techniques de collage numérique. Fouillant dans des sources allant du folklore à l’iconographie religieuse, en passant par la cyberculture, elle explore l’histoire des lieux à travers le prisme de questions qui la préoccupent aujourd’hui, en particulier le genre et la façon dont les structures sociales à travers les cultures ont réglementé l’amour et le désir. Che Go Eun vit et travaille entre Anvers et Seoul.
Le 05 12 2021, Che Go Eun s'entretiendra avec les curateurs Caroline Dumalin (Endless Express) et Ko Goubert (M Leuven). Inscrivez-vous gratuitement icipour cette conférence. Plus d'infos.
Le parcours d’art Endless Express_ _vous emmène vers différentes destinations le long de la ligne de chemin de fer reliant Ostende à Eupen. Prenant la sculpture publique _Esprit ouvert _de Tapta comme point de départ symbolique, sept artistes ont été invitées à présenter de nouvelles œuvres aux alentours des gares et des voies ferrées. À travers la thématique du train, elles explorent les histoires inscrites au cœur de ces paysages et reliées à cette ligne. Avec de nouvelles
oeuvres de Che Go
Eun, Inas Halabi,
Flaka Haliti, Chloe
Malcotti, Sophie Nys,
Marina Pinsky
et Laure Prouvost.
La ligne Ostende-Eupen est la plus longue de Belgique, et traverse ses différentes régions linguistiques officielles en trois heures — de la station balnéaire royale à l’ouest à la vallée fluviale industrielle à l’est, avec la capitale Bruxelles au centre. Le train — introduit peu après la
fondation de la Belgique — évoque plus largement l’industrialisation, la promesse du progrès et la façon dont ces forces ont transformé ce pays.
Les artistes participant à cette exposition travaillent toutes en Belgique ou dans les pays voisins. Pour certaines, le train est une créature mythique qui réenchante le monde, d’autres en interrogent la pensée rectiligne et les rythmes de travail, d’autres encore détournent de manière ludique le temps standardisé et la société obnubilée par la vitesse que nous
connaissons aujourd’hui.
Curatrice : Caroline Dumalin
With the support of Ministry of Culture, Sports & Tourism of Korea, Korea Arts Management Service and the grant programme Fund for Korean Art Abroad.